Le Chanvre, de la plante au fil

Chanvre Le chanvre, semé en mai, devient une plante haute de 1,5 m à 2m, récoltée en septembre.

Après quelques jours de séchage, les graines (le chènevis) seront récoltées et utilisées, notamment en huile, aux nombreuses vertus alimentaires, mais aussi dans les cosmétiques, en raison de son fort pouvoir hydratant.

Les tiges vont devoir subir plusieurs opérations :

Rouissage - le rouissage : mises en gerbe, elles sont immergées en rivière ou dans des bassins appelés routoirs ou roussoirs durant 7 à 10 jours. La gaine végétale entourant les fibres se dissout peu à peu, dégageant au passage, surtout dans les eaux stagnantes, une odeur assez désagréable.
Après avoir bien séché - dans certaines régions on utilise pour cela des fours - le chanvre est prêt à subir les étapes suivantes.

Braque - le broyage ou teillage : les tiges bien sèches sont écrasées, brisées par la "braie", ou "braque", qui permet de séparer les fibres, placées en périphérie de la tige, de la chènevotte, qui est la moelle de la plante. Cette dernière peut être utilisée comme litière mais aussi, et de plus en plus, pour la réalisation de matériaux isolants. On obtient alors la filasse.

- le peignage : il reste à débarrasser cette filasse des derniers brins de chènevotte et, par passage dans les peignes successifs, de plus en plus serrés, à dégager la filasse la plus grossière, l'étoupe, pour ne retenir que la plus fine, destinée à être filée : l'œuvre. Les peignes consistent en des planchettes garnies de clous fixées sur une planche ou un banc.

- le filage : Épinglierles fibres ainsi préparées sont enroulées en quenouille dont se saisit la fileuse. Le rouet va permettre de les transformer en fil grâce au mouvement de rotation impulsé par le pédalage et transmis par une courroie à l'épinglier. Une main sépare, étire les fibres, tandis que l'autre, en les retenant ou les relâchant, accompagne la formation du fil. L'épinglier, en tournant, provoque la torsion du fil qui s'enroule autour de la bobine.

Dévidoir

Lorsque la bobine est totalement chargée, il reste, à l'aide d'un dévidoir, à former un écheveau. Celui-ci, d'abord mis à tremper, est ensuite suspendu lesté d'un poids réduisant, lors du séchage, l'aspect retors du fil. Il est alors prêt pour le tissage.